Les Rustres

Goldoni, en bon observateur de l’humanité et de ses travers, écrivit « Les Rustres » oû il dépeint une société bourgeoise, fraîchement enrichie, encore affublée des valeurs des temps anciens. Les hommes sont convaincus des bienfaits du patriarcat mais font face à la révolte de leurs femmes. Ils ne veulent pas perdre l’emprise qu’ils ont sur la vie familiale (femmes, enfants, affaires, mariages, culture, loisir et représentation sociale). Leurs épouses, elles, ne rêvent que d’émancipation, de choix individuel et de liberté.

Scène d’introduction : dans le vif du sujet : la nouvelle femme du boucher apprend à sa belle‐fille qu’elle va se marier ; mais elle avoue que c’est un secret. Le père, Lunardo, rencontre en catimini les parents du fiancé. Le contrat est conclu: les futurs époux ne se rencontreront pas avant le mariage. Rien ne semble pouvoir troubler la transaction jusqu’à l’arrivée de Felizia, qui, elle, exerce une autorité totale sur son mari. Afin que les jeunes gens puissent se rencontrer, elle échaffaude un plan : Le fiancé, déguisé en femme et masqué, viendra rendre visite à sa promise pendant l’absence du père. Evidemment, le subterfuge sera éventé et il faudra toute la patience et la ruse de Felizia pour que le contrat de mariage ne soit rompu. C’est une comédie et le final est un « happy end ».

« Les Rustres » exploitent la guerre des sexes sans favoriser l’un ou l’autre des partis. Les protagonistes s’affrontent, se déchirent, se mentent et se moquent des valeurs de leurs partenaires. Parviendront‐ils à adapter les usages et à révolutionner les mœurs dans une société qui évolue ? Goldoni l’affirme au travers de sa comédie de caractère. Jouée sans masque (selon les désirs de l’auteur) mais avec l’énergie et la vitalité de la Commedia dell’Arte, nos « Rustres » ont encore des résonances actuelles.

Texte 
Carlo Goldoni

Mise en scène
Bernard Sartoretti

Interprétation 
La Guilde théâtrale