Sur « le théâtre »

Quoi de plus commun qu’un fusil, un passeport, un âne
Prenez un crâne et tout de suite c’est H

L’élu de Mann ou le Prince de Hombourg

Mais aussi des noms qui sortent de nulle part

Des illustres inconnus

Un peu de bruit pour essayer de réenchanter le monde !

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Encore du Valère Novarina !

« Faut des acteurs d’intensité, pas des acteurs d’intention.»

« L’acteur n’exécute pas mais s’exécute, interprète pas mais se pénètre, raisonne pas mais fait tout son corps résonner. »

« L’acteur n’agit pas, il est agit. »

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Ca vous a changé les idées ? 

 

2.587 Personnages et 311 définitions de Dieu

Valère Novarina réalise 2.587 dessins qui représentent les personnages de la pièce « Le Drame de la Vie », qui a été jouée au festival d’Avignon en 1986.

 « Pourquoi 2.587 ? C’est un nombre comme un autre. [...] c’est un multiple de 13 comme tous les nombres de la Bible... »

Valère NOVARINA

Auteur de théâtre, essayiste, metteur en scène et peintre franco-suisse. « Seulement ? Non. J’ajoute poète métaphysicien et anarchiste », dit Philippe Sollers.

« J’ai toujours pratiqué la littérature non comme un exercice intelligent mais comme une cure d’idiotie. Je m’y livre laborieusement, méthodiquement, quotidiennement, comme à une science d’ignorance : descendre, faire le vide, chercher à en savoir tous les jours un peu moins que les machines. Dessiner par accès, chanter par poussée, écrire dans le temps, pratiquer le dessin comme une écriture publique, peindre sans fin, chanter des hiéroglyphes, des figures humaines réduites à quelques syllabes et traits, dresser la liste de tous les noms, parler latin, appeler 2587 personnages parlants, traverser toutes les formes. (…) Je quitte ma langue, je passe aux actes, je chante tout, j’émets sans cesse des figures humaines, je dessine le temps, je chante en silence, je danse sans bouger.

Je ne sais pas où je vais, mais j’y vais très méthodiquement, très calmement : pas du tout en théoricien éclairé mais en écrivain pratiquant, en m’appuyant sur une méthode, un acquis moral, un endurcissement, en partant des exercices et non de la technique ou des procédés, en menant les exercices jusqu’à l’épuisement : crises organisées, dépenses calculées, peinture dans le temps, écriture sans fin ; tout ça, toutes ces épreuves, pour m’épuiser, pour me tuer, pour mettre au travail autre chose que moi, pour aller au-delà de mes propres forces, au-delà de mon souffle , jusqu’à ce que la chose parte toute seule, sans intention, continue toute seule, jusqu’à ce que ce ne soit plus moi qui dessine, écrive, parle, peigne.

Je n’ai jamais supporté l’idée que quelqu’un fasse quelque chose. Mes livres, j’ai mis chaque fois cinq ans à les faire, des milliers d’heures, de corrections maniaques ; mais ils se sont faits tout seuls. Je n’ai jamais écrit aucun de mes livres. »

Pendant la matière, 1991, p.163.

 

Il y a 10 ans

Extraits de

«Le bon acteur? Pas une super marionnette, mais un super radar»

SAMEDI 11 JUIN 2005

par Marie-Pierre Genecand

« Serge Martin puise dans toutes les formes artistiques de quoi alimenter son enseignement du théâtre. Avec ce souci permanent, sinon obsédant, qu'il pourrait afficher en lettres d'or à l'enseigne de son école basée aujourd'hui à Troinex: ne rien fermer, ne rien figer. Et quand on lui fait observer que le pari est vertigineux pour qui débute dans le métier, le pédagogue rétorque, un fin sourire aux lèvres: «pas de théâtre sans vertige, ni amitié».



 L'autre dada de Serge Martin, c'est la notion d'équipe. «Il n'y a pas de théâtre en solitaire. Tout acte théâtral est collectif. Ainsi, l'autre pilier de mon enseignement, c'est le partage.» Un partage que le metteur en scène continue à revendiquer dans l'exercice du métier. «Parce que le bon théâtre est affaire d'écoute et que le bon comédien relève du super radar, impossible, pour moi, de jouer dans le conflit.» Exit donc les frottements à la Kantor et autres tyrans des plateaux. «Face à la rupture du lien, un comédien s'en sortira avec le savoir-faire, mais pour que ça se passe en scène, je préfère privilégier le savoir-être.»

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Robert Abirached a fait ce constat : « Le théâtre a perdu la place centrale dans la société et dans la hiérarchie des arts qu’il a longtemps occupée en Occident : considéré comme le genre roi au XIXe siècle, tant en littérature que dans le domaine du spectacle, il a vu cette prééminence s’éroder au lendemain de la dernière guerre mondiale, jusqu’à disparaître dans les années 70 »

Gilles Deleuze a parlé de « conscience de minorité ». Cette tendance peut-elle être renversée et ce constat infirmé en ce début du XXIe siècle ?

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La question de l’exception culturelle, de la diversité culturelle reste d’actualité !

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« Regardez bien, la réalité est une grande farce ! », pouvait-on dire à certains moments de l’existence. Mais d’un coup, la réalité saute aux yeux par un attentat meurtrier. Alors la fiction qui parlait d’une vie projetée, idéalisée parfois, se cristallise et bafouille comme si elle était atteinte par les éclats de la bombe.

« Les acteurs méritent des égards car ils sont la brève chronique de notre temps. » Hamlet

Qu’est-ce que la vie aurait d’intéressante si l’on restait entre les parapets de la bienséance avec son casque de sécurité, une bible de la morale sous le bras ? Qui sont donc toutes ces personnalités dont on parle dans les livres, les films et les pièces de théâtre ? Des insurgés, des parias, des hors limites, des illuminés.
Qui mieux que le fou nous invite à mieux voir ?
Fou et théâtre, même fonction, oui !

- Il y a un trésor dans la maison d’à côté !
- Mais… il n’y a pas de maison à côté !
- Ca ne fait rien. On va la construire !
Les Max Brothers

"Il n'y a pas de génie sans un grain de folie."  
Aristote

C'est le mot grain - peut-être "graine" qui importe.


Découvertes et célébrations pour curieux et affamés !


le théâtre, chemin de lucidité
le théâtre, jeu impur
le théâtre, détour du désir
philosophie contre la barbarie 
acte contre l'injustice

 
Ça donne pas mal à réfléchir ce genre de définitions, en tout cas de vraies questions en suspens sur un état des lieux dans lesquels on vit.
 
 
"Le théâtre est essentiellement féminin."  
Alain Badiou